Marcellin BOULE

(1861 - 1942)

Marcellin Boule dans son bureau de l'Institut de Paléontologie humaine, en compagnie de deux crânes - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy
Marcellin Boule dans son bureau de l'Institut de Paléontologie humaine, en compagnie de deux crânes - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy
Le "Domaine du Clau" - Cl. Bellet / Ed. Laborie - carte postale ancienne - Coll.BC/Musée du Veinazès
Le "Domaine du Clau" - Cl. Bellet / Ed. Laborie - carte postale ancienne - Coll.BC/Musée du Veinazès

En 1851, François-Régis BOULE, apprenti doreur, épouse Justine-Caroline GUERAUD dont les parents possèdent le « domaine du Clau », avenue d’Aurillac à Montsalvy.

 

 

L'année suivante, naît leur premier enfant, Basile, qui décède à 18 mois.

Sept ans et demi plus tard, le 1er janvier 1861, à 10 heures du matin, naît Pierre Marcellin, qui restera le seul enfant du foyer.

Maison natale de Marcellin Boule dans la grand'rue de Montsalvy en 1905. Ed. Roux - Aurillac - Carte postale ancienne - Coll.BC / Musée du Veinazès
Maison natale de Marcellin Boule dans la grand'rue de Montsalvy en 1905. Ed. Roux - Aurillac - Carte postale ancienne - Coll.BC / Musée du Veinazès
Maison natale de Marcellin Boule - Cl. O. Pin - Ed. Laborie - Carte postale ancienne (détail) - Coll.BC/Musée du Veinazès
Maison natale de Marcellin Boule - Cl. O. Pin - Ed. Laborie - Carte postale ancienne (détail) - Coll.BC/Musée du Veinazès

Marcellin grandit dans un bourg animé par ses nombreuses foires. Curieux, il fouine souvent dans l’ancien cimetière, situé au chevet de l'église paroissiale et se voit surnommé « casse tête » par son père.

Lucie COLOMB, une cousine de sa mère, observant l’intelligence et la curiosité de l’enfant, encourage ses parents à l’envoyer poursuivre ses études à Aurillac.

Portrait de Jean-Baptiste Rames - Cl. Pilarski - Héliotype sans date, extrait du "Bulletin de la société géologique de France" - 1895 - Bibliothèque Musée du Veinazès
Portrait de Jean-Baptiste Rames - Cl. Pilarski - Héliotype sans date, extrait du "Bulletin de la société géologique de France" - 1895 - Bibliothèque Musée du Veinazès

En 1870, Marcellin Boule se retrouve à l’école des frères à Aurillac. Il y travaille avec opiniâtreté et se passionne rapidement pour les sciences. Vers l'âge de 13 ans, il rencontre le pharmacien aurillacois Jean-Baptiste RAMES. Ce géologue amateur l'emmène en excursion et lui donne le goût de la nature.

Marcellin obtient le baccalauréat moderne et son père pense alors qu’il devrait rentrer dans le service des Ponts et Chaussées, mais sa mère s'obstine : son fils peut faire mieux que cela.

Institution Saint-Louis de Nevers - Année scolaire 1878-1879 - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy
Institution Saint-Louis de Nevers - Année scolaire 1878-1879 - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy

Jean Baptiste Rames connaît le directeur de l’institution Saint Louis à Nevers qui promet que Marcellin pourra préparer son baccalauréat classique tout en étant rémunéré comme maître d’études.

A Nevers, les choses ne se passent pas comme prévu : le directeur Rigal surcharge le jeune étudiant de travail. Cependant, Marcellin Boule est reçu bachelier à Clermont-Ferrand en 1880 et part apprendre la médecine à Toulouse. Là, il rencontre Emile CARTAILHAC auprès duquel il reçoit une méthode scientifique pour l’étude des fossiles. C’est à cette époque que naît sa vocation de paléontologue.

Marcellin Boule en 1881 - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy
Marcellin Boule en 1881 - Fonds Gizolme - Coll. Mairie de Montsalvy

En 1881, il débute comme conférencier. Ses professeurs, enthousiastes, l'intègrent à des groupes scientifiques. Il devient boursier, ce qui soulage pécuniairement ses parents.

Après avoir obtenu deux licences ès-sciences physiques et ès-sciences naturelles, Marcellin prépare l’agrégation. Son père n’aura pas la chance de voir le succès de son fils car il meurt en avril 1886.

Albert GAUDRY (1827-1908)
Albert GAUDRY (1827-1908)

Titulaire d'une bourse d’agrégation, Marcellin Boule se rend à Paris, au Collège de France où il est présenté à Albert GAUDRY, professeur au Muséum d’histoire naturelle.

L'année suivante, en 1887, à l'âge de 26 ans, il est reçu premier à l’agrégation ce qui lui permet de choisir la chaire de son choix dans n’importe quel lycée en France. Gaudry lui conseille de ne pas se laisser tenter par le mirage de cette offre et le charge de préparer un mémoire qui sera la première publication importante de Marcellin Boule « Essai de Paléontologie stratigraphique de l’Homme ».

En 1889, Marcellin fait un stage à la faculté des sciences de Clermont-Ferrand où il est chargé de cours à l’université. De là, il se rend régulièrement en Haute-Loire en vue de préparer sa thèse de Doctorat qu’il soutiendra trois ans plus tard sur « la description géologique du Velay ». De retour à Paris, il refuse toutes les offres, même la chaire de paléontologie de la faculté de Montpellier, très enviée à l’époque, préférant retrouver Gaudry et travailler à ses côtés à la chaire de paléontologie au Muséum.

Entrée de la galerie de paléontologie et d'anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle - Paris - 2010 - Cl. J.P. Bonhuil
Entrée de la galerie de paléontologie et d'anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle - Paris - 2010 - Cl. J.P. Bonhuil

Il est alors chargé de réaliser la galerie de paléontologie au Muséum. En reconnaissance pour ce travail, Marcellin Boule reçoit en 1898 la croix de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Cette nouvelle galerie rencontre un grand succès auprès du public, particulièrement à l'occasion de l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

Savant désormais reconnu, Marcellin Boule succède à Albert GAUDRY à la chaire de paléontologie de Paris en 1903.

Montage du squelette du Diplodocus - carte postale ancienne - Coll.B.C./Musée du Veinazès
Montage du squelette du Diplodocus - carte postale ancienne - Coll.B.C./Musée du Veinazès

Un jour, un riche industriel américain offre un moulage de diplodocus à Armand FALLIERES, élu Président de la République en 1906 ; Marcellin Boule est chargé d'installer cet impressionnant cadeau dans la galerie du Muséum.

Lors de l’inauguration, Georges CLEMENCEAU, Président du Conseil, est captivé par l'intervention de Marcellin Boule. Il demande la possibilité de revenir l'écouter ; le savant accepte sans trop y croire. Or, 3 ou 4 jours plus tard, CLEMENCEAU revient et assiste à quelques cours du paléontologue. Une amitié naît entre les deux hommes.

Couverture de la deuxième édition de l'ouvrage de Marcellin Boule - Bibliothèque Musée du Veinazès.
Couverture de la deuxième édition de l'ouvrage de Marcellin Boule - Bibliothèque Musée du Veinazès.

Entre 1900 et la guerre de 1914, la France connaît une période riche dans le développement de la paléontologie humaine et de la préhistoire.

Marcellin Boule part régulièrement sur le terrain pour participer à des fouilles.

Un jour, une caisse lui est expédiée de la Corrèze par des prêtres, les frères Bouyssonie : elle est pleine d’ossements trouvés par eux à la Chapelle-aux-Saints. Il les étudie et reconstitue un squelette extraordinaire, vieux de 60 000 ans environ, qui va constituer un des chaînons les plus importants de l’évolution de l’humanité et aboutit quelques années plus tard à la publication de son œuvre « Les Hommes fossiles ».

Portrait d'Albert 1er, Prince de Monaco, en habit d'académicien - Cl.Detaille - Héliotype sans date extrait d'un tiré à part "L'Oeuvre anthropologique du Prince Albert 1er de Monaco" - revue "L'Anthropologie" - 1923 - Bibliothèque Musée du Veinazès.
Portrait d'Albert 1er, Prince de Monaco, en habit d'académicien - Cl.Detaille - Héliotype sans date extrait d'un tiré à part "L'Oeuvre anthropologique du Prince Albert 1er de Monaco" - revue "L'Anthropologie" - 1923 - Bibliothèque Musée du Veinazès.

Le Prince Albert 1er de Monaco, surnommé « Le Prince savant », appelle Marcellin Boule pour diriger des fouilles dans les grottes de Grimaldi, à la frontière italienne.

Le prince apprécie les travaux de Boule et se prend d’amitié pour lui. Il lui parle de l’intérêt de construire un centre consacré aux études de paléontologie humaine.

Après avoir inauguré le Musée Océanographique de Monaco (29 mars 1910) et l’Institut Océanographique de Paris (23 janvier 1911), Albert 1er charge Marcellin Boule d’organiser l’Institut de Paléontologie Humaine. L’abbé Henri Breuil participe à la conception du projet scientifique.

La première guerre mondiale (1914-1918) retarde l'inauguration de cet institut au 23 décembre 1920. Marcellin Boule en devient le premier directeur. 

Guide de la collection "Guides du touriste, du naturaliste et de l'archéologue" consacrée depuis 1898 à sept départements et/ou pays du Massif Central et des Alpes. - 1912 - Coll. Mairie de Montsalvy
Guide de la collection "Guides du touriste, du naturaliste et de l'archéologue" consacrée depuis 1898 à sept départements et/ou pays du Massif Central et des Alpes. - 1912 - Coll. Mairie de Montsalvy

Par ailleurs, Marcellin Boule n’a pas oublié son origine populaire. Toute sa vie, il s’attache à vulgariser et à diffuser la connaissance. Ainsi, il participe à la littérature touristique et son premier ouvrage, publié en 1898, est consacré au département du Cantal, « un des pays les plus intéressants et les plus pittoresques de notre France si belle et si variée ». De même, il écrit des manuels scolaires à l’usage des écoles primaires et des collèges.

Fontaine publique "Griffol" de la grand'rue de Montsalvy en 1905. Ed. Roux - Aurillac - Carte postale ancienne (détail) - Coll.BC / Musée du Veinazès
Fontaine publique "Griffol" de la grand'rue de Montsalvy en 1905. Ed. Roux - Aurillac - Carte postale ancienne (détail) - Coll.BC / Musée du Veinazès

Attaché à sa commune natale de Montsalvy, Marcellin vient y passer, chaque année, quelques jours de vacances.

Dans plusieurs domaines, son influence est réelle mais ses initiatives ne sont pas toujours appréciées des élus locaux.

Titulaire d'un poste au service de la carte géologique qui traite notamment des problèmes d’adduction d’eau et des translations de cimetière, il facilite l’adduction d’eau potable de la ville d'Aurillac et du village de Montsalvy, contribuant ainsi à la baisse des épidémies dues à des sources polluées.

Intérieur de l'église de Montsalvy - Cl. L. Montarnal - Ed. Garrouste - Carte postale ancienne (détail) - Coll.B.C./Musée du Veinazès
Intérieur de l'église de Montsalvy - Cl. L. Montarnal - Ed. Garrouste - Carte postale ancienne (détail) - Coll.B.C./Musée du Veinazès

Sous son influence, l’église paroissiale en état de délabrement est classée au titre des Monuments historiques.

Au décès de sa cousine Lucie Colomb le 22 novembre 1919, il hérite à 59 ans d’un enclos dans son village natal.

Ancienne villa Colomb dite "Le castellou" - Cl. LTeillet - Ed. Delmas - Carte postale ancienne (détail) - Coll. B.C./Musée du Veinazès
Ancienne villa Colomb dite "Le castellou" - Cl. LTeillet - Ed. Delmas - Carte postale ancienne (détail) - Coll. B.C./Musée du Veinazès

Marcellin Boule vit avec Marie ROINET depuis quelques années et l’épouse le 28 décembre 1922 à Saint-Mandé (Val de Marne).

Durant ses vacances à Montsalvy, il rencontre un jour une jeune « peintresse » de 17 ans, Jacqueline DEMOLY avec laquelle il se lie d’amitié.

Sa femme Marie tombe malade et meurt en 1926.

Portrait de Marcellin Boule par Jacqueline Demoly - Dessin - 1928 - Fonds Guiu - Coll. Musée du Veinazès.
Portrait de Marcellin Boule par Jacqueline Demoly - Dessin - 1928 - Fonds Guiu - Coll. Musée du Veinazès.

Au cours de son veuvage, le savant fait appel à Madame DEMOLY pour faire office de gouvernante et emploie Jacqueline, sa fille, comme chauffeur. Bien plus tard, il prend celle-ci pour épouse, d'autant qu'il a eu avec elle une petite fille, Pierrette, qui sera le grand bonheur de ses dernières années.

Médaille de bronze honorant les 50 ans de travaux au Muséum national d'histoire naturelle - 1936 - Coll. Mairie de Montsalvy.
Médaille de bronze honorant les 50 ans de travaux au Muséum national d'histoire naturelle - 1936 - Coll. Mairie de Montsalvy.

Au cours de sa carrière, le savant Marcellin Boule reçoit de nombreuses récompenses et médailles.

Au moment de quitter sa chaire de paléontologie, ses collaborateurs ouvrent une souscription afin de lui offrir une médaille commémorative en bronze. Ainsi, le 27 mai 1937 a lieu le jubilé scientifique de Marcellin Boule à l’Institut de paléontologie humaine en présence de nombreux scientifiques, intellectuels, confrères et amis.

Trois mois plus tard, Marcellin BOULE est fêté dans son village natal. Le 12 septembre 1937, la rue Marcellin Boule et l’Avenue Lucie Colomb sont inaugurés à Montsalvy.

L'été 1939, Marcellin et Jacqueline BOULE reviennent en Auvergne pour leurs vacances d’été ; ils n’en repartiront plus. Marcellin Boule décède dans sa maison de Montsalvy le 4 juillet 1942.

Tombeau de la famille Boule - cimetière de Montsalvy - 2010 - Cl. J.P. Bonhuil - Coll. Musée du Veinazès.
Tombeau de la famille Boule - cimetière de Montsalvy - 2010 - Cl. J.P. Bonhuil - Coll. Musée du Veinazès.

Sources consultées :

Edouard Bouyé, Bernard Coste, Nicole Vatin-Pérignon, "Marcellin Boule (1861-1942) De Montsalvy aux hommes fossiles", Photothèque et archives cantaliennes - Gens du Veinazès - 2010.

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