La sauveté de Montsalvy s'est construit autour de l’église, de l’hospice et du monastère, offrant à celui qui venait s'y installer l'avantage de passer du statut de serf à celui d'hôte (comportant liberté de corps et de biens).
Les fossés qui entouraient la ville formaient la première enceinte. Deux portes aux extrémités de la voie principale en contrôlaient l'entrée. L'importance des foires et le passage obligé dans la ville favorisèrent le développement économique de Montsalvy.
La période de paix qui succéda aux guerres de Religion se traduisit par un important renouvellement du bâti.
Au 18e s., certaines constructions implantées le long de l'enceinte s'ouvrirent vers l'extérieur, tandis que les fossés comblés furent annexés comme jardins.
L’ancienne abbaye de Montsalvy se composait de quatre bâtiments autour du cloître : l’abbatiale, la salle capitulaire et les logements des moines, leur réfectoire et le presbytère. De nos jours, le cloître n’est plus complètement fermé et présente une ouverture avec un bâtiment manquant.
À cet emplacement, l’existence d’une porterie est supposée.
En effet, dans d’autres abbayes de la même époque, l’accueil des pèlerins et des visiteurs avait lieu à la « porterie », bâti traditionnel situé côté ouest. Interface entre le monde monastique et l’extérieur, elle accueillait d’une part les pauvres, les visiteurs et les pèlerins et d’autre part l’administration de la justice par le prévôt du monastère.
La prison (aujourd’hui détruite) accolée au mur extérieur du réfectoire des moines rappelait aussi la configuration d’autres abbayes similaires où les religieux bénéficiaient d’un pouvoir judiciaire.

Au cours de son développement, la cité se mure ; les deux portes sont fermées chaque soir après le couvre-feu. Des veilleurs en assurent l’entretien et la surveillance.
En 1684, M. Boygues, juge de la prévôté, propose de réparer à ses frais la porte d’Aurillac (porche nord) en ruine. L’ayant reconstruite, il devait en assurer l’entretien et pouvait l’utiliser à sa guise. Au-dessus de la voûte, il fait bâtir une pièce, appelée salle de garde, surmontée d’un toit en pavillon. Cette porte a conservé son architecture du 17e s. et laisse encore apparaître de superbes colombages. À cette porte existait un droit de péage que la prévôté percevait sur les marchandises et animaux sortant du bourg.

En 1787, le prévôt de Montsalvy autorise M. Delmas, propriétaire de la maison adossée à la porte d’Entraygues (porche sud) à construire une chambre au-dessus de la voûte.
En 1844, l’état de délabrement de la porte est tel que la municipalité impose aux descendants Delmas d’engager des travaux ou menace de la faire détruire.
Propriété inaliénable de la commune, celle-ci obtient la reconstruction et l’élargissement de la porte sud à leurs frais.
On observe toujours le départ d’une des voûtes primitives.
DUCHENE Gaëlle, Le développement de la ville de Montsalvy, Revue de la Haute-Auvergne – tome 82 – janvier-juin 2020.
DELERCE Arnaud, Sainte-Marie-d’Aulps. Une abbaye cistercienne en pays savoyard. Association Alpara, 2010.
JACOBSEN Werner. Nouvelles recherches sur le Plan de Saint-Gall - Le rayonnement spirituel et culturel de l’abbaye de Saint-Gall, Cahiers du CRATHMA (Centre de recherche sur l’Antiquité tardive et le haut Moyen-Âge), 2000.
BEAUFRERE Abel, Montsalvy, une description, une histoire, Éditions Gerbert – Aurillac – juillet 1963.